Partager l'article ! Un Dogme incomprèhensible: Je trouve à la fois ridicule et horrible ce dogme qui veux nous obliger à vivre, à survivre, coûte que coûte, ju ...
Je trouve à la fois ridicule et horrible ce dogme qui veux nous obliger à vivre, à survivre, coûte que coûte, jusqu'au bout, jusqu'au limite de l'insupportable. Qui a décidé de sacraliser ainsi la vie, jusqu'à l'extrême, l'innommable, de nous condamner à la peine capitale, sans aucun espoir de remise de peine : vivre à tout prix au-delà de l'envie et du supportable ? Le premier droit de l'homme ne devrait-il pas être celui de choisir quand et comment mettre fin à ce jeu de dupe, dont la fin inéluctable est connue de tous, lorsque la partie, perdue d'avance, ne l'intéresse plus ?
Je suis las et fatigué de me démener, de m'agiter inutilement comme une mouche engluée dans une toile d'araignée. Tous les soirs, quand je trouve enfin le sommeil, j'espère m'endormir profondément, en oubliant tout, sans plus penser, sans même rêver. Dormir longtemps, très longtemps, jusqu'à me dissoudre, me dématérialiser, me désintégrer, et redevenir poussière d'étoile, me perdre et me disperser au milieu des galaxies. Sans douleur, sans peur ni regrets, ni remords disparaître dans l'espace infini. Mais cela ne ce passe pas comme ça, ce serait trop simple. Tous les matins, jours après jours je me réveille, sans goût, sans envie, sans avenir, ni espoir, ni rêve, désabusé et résigné.
L'on m'a posé, un jour, une question troublante … "Si un ami désireux d'en finir avec la vie te demandait de l'aider, le ferais-tu ? … Voilà une question quelle est bonne ! Je n'ai pas su y répondre, elle n'est pas facile et même quelque peu ambiguë, manque de précision. Mais en y réfléchissant … S'il s'agit de participer directement à l'acte lui-même, je crois, ne serait-ce que par manque de courage, que j'en serai incapable. Par contre, s'il n'est question que de fournir les moyens nécessaires … Je ne suis sur de rien.
Lorsque quelqu'un est tué par l'usage d'une arme à feu, qui est responsable, coupable ? Le Chinois qui, il y a très longtemps a inventé la poudre, le concepteur de l'arme elle-même, son fabricant, le vendeur, le pourvoyeur, celui qui l'a chargée, celui qui a appuyé sur la détente, la balle elle-même ou encore, pourquoi pas, la victime qui s'est trouvée sur la mauvaise trajectoire ? Sans doute tous, à des degrés divers, mais le coupable désigné c'est celui qui aura appuyé sur la détente. Le vendeur, le pourvoyeur seront considérer comme complice et jugé ainsi. C'est juste et normal sans doute … Mais, lorsqu'un jeune homme au volant d'un bolide trop rapide se tue, en perdant, sur une route déserte, le contrôle de son véhicule trop puissant, il sera considéré en même temps comme victime, responsable et coupable tout à la fois. Que dire alors du vendeur habile et convaincant qui à fait acheter cette voiture à ce gamin inexpérimenté … Il ne sera considéré ni comme responsable, ni jugé comme complice … l'on a jamais vu ça … et pourtant, c'est bien lui le pourvoyeur de "l'arme" responsable de la mort de cet homme. Alors, fournir les moyens permettant la réalisation d'un acte mortel, ce n'est pas provoquer l'acte lui-même, ni encore, créer l'obligation de sa réalisation. Tous responsables en sommes, mais personne de coupable … Ca me rappelle vaguement des propos tenus par je ne sais plus qui, dans des circonstances que j'ai oubliées … Sans importance, et donc, si un ami me demandait de lui fournir les moyens de mettre fin à ses jours, que ferais-je ? …
Je ne sais pas trop, je ne suis sur de rien. Sans doute commencerai-je par tergiverser, reculer le plus possible l'instant de la réponse et … peut être, certainement que je finirai par lui fournir ce qu'il demande, chacun devant pouvoir être libres de ses actes, de ses choix, de sa vie … de sa mort.
Bien sur, j'essayerai encore de discuter, de le dissuader, de lui expliquer, de le convaincre que la vie n'est pas un chemin, toujours, très agréable, parfois difficile et pénible mais que, malgré tout, de ci de là, il y a des petites fleurs qui poussent sur le bas coté, des papillons aux couleurs chamarrées qui vont et viennent pour butiner l'une ou l'autre, que l'on entend parfois des chants d'oiseaux venus d'on ne sait où … et puis, ayant maintenant, en sa possession les moyens, la certitude de pouvoir en finir à tout instant, en toute liberté, après tout, "Il n'y a pas le feu au lac" et pourquoi, sauf cas extrême, qui sont quand même pas les plus courants, pourquoi ne pas faire encore un petit effort pour suivre le chemin, même sans véritable envie, sans goût avéré, simplement pour la beauté simple et pure d'un acte inutile et qui sait, peut être, pourquoi pas, après une ondée rafraîchissante et douce voir s'élever à l'horizon, au-dessus du chemin, un arc-en-ciel irisé de toute beauté.
Comment faire autrement, comment résister aux prières d'un ami ? L'amitié est quelque chose de tellement rare, fort et puissant, comment pourrais-je refuser, abandonner, rejeter, trahir cette chose si belle ? Et si un jour, le jour où mon ami mettras à exécution son geste, je me sentirais terriblement coupable, étouffé par les remords mais, en même temps, sans que cela puisse me réconforter, m'apporter de soulagement, sans en tirer la moindre fierté, j'aurai, je crois, le sentiment d'avoir été fidèle, d'être resté propre, tout en étant profondément blessé, meurtri et désespéré …
En vérité, voilà bien une question qu'elle est bonne … Mais que penser, que dire de la réponse ????
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